Archives mensuelles : avril 2007

Qui est mon visiteur de Churchill, Manitoba?

Comme vous le savez peut-être, je suis passionné par la géographie. Je passais mon enfance le nez dans les atlas, à parcourir les cartes de toutes les contrées du monde, et lire ce qui s’y relatait.

Voilà pourquoi j’ai été très heureux de pouvoir intégrer une carte de Clustrmaps à mon site il y a quelques temps. Et les points rouges commencent à se multiplier, certes lentement vu la modestie de ce site.

Mon visiteur le plus original, pour moi est celui de Churchill, Manitoba, perdu au Canada, au fond de la Baie d’Hudson. Cela me fait rêver. Je ne sais pas s’il y a grand chose là-bas, et je suis curieux de savoir comment ce lecteur est tombé sur mon site! Un francophone égaré? Un amateur de tango venu du Nord?

Prochain objectif, un lecteur de Port Moresby, Papouasie-Nouvelle-Guinée!

Dimanche, jour de la famille

Aujourd’hui dimanche, il fait un temps magnifique. Je vais en profiter pour retourner monter les 1070 marches du Cerro San Bernardo, qui surplombe Salta.

Le dimanche, tout le monde le passe en famille ici, d’après ce que je sais. Du coup, je me sens un peu déraciné, isolé parfois. Heureusement, ce ne sont que des courts moments.

Je vais prendre mon tout nouvel équipement à maté (thermos, sac, récipient, bombilla, maté et yerba), me poser et admirer Salta au calme depuis en haut.

Je prends un peu de retard dans l’écriture de mes billets, il y a plein à écrire, ça viendra prochainement.

Les blogs en Argentine

Suite aux influences familiales, j’essaie de diffuser un peu la notion de « blog » ici à Salta. On peut dire que j’innove, tant la notion est ici peu connue.

Je suis actuellement en train de faire une démonstration à deux amis, pour leur montrer à quel point c’est facile de tenir à jour un site internet aujourd’hui…

Salta me voici!

Je sors maintenant du plus long trajet en bus de ma vie, soit 21 heures. C’était long. Presque aussi long que le trajet Suisse – Buenos Aires. En Argentine, on a tendance à dire qu’après des voyages interminables en bus, il faut se faire refaire la raie qui sépare les deux moitiés de son postérieur. Expérience vécue, je valide l’expression.

Après 5 semaines à Buenos Aires, j’ai donc pris le bus de la Nueva Chevallier à 20h30 hier soir. Je devais retirer mon billet 30 minutes avant le départ, et compter 30 minutes en taxi pour se rendre à la gare routière en pleine heure de pointe, c’était un petit peu trop ambitieux. Au prix d’un peu de stress et de quelques minutes de retard j’y suis arrivé, mais mieux vaut prévoir une heure pour être tranquille.

J’ai payé 180 pesos pour un aller en classe « Ejecutivo », la plus élevée, que je conseille. C’est seulement 30 pesos de plus que pour le trajet en semi-cama, donc à peine plus d’un peso supplémentaire par heure de voyage!

J’avais choisi une place au premier étage tout devant, donc la vue sur la route. Le bus compte 40 places réparties sur 2 étages, il y a donc bien plus d’espace que dans un avion.

J’avais le choix entre télévisions avec DVD sans interruption pendant la journée, et la vue sur la route, la route et encore la route. J’ai fait un peu des deux.

Nous nous sommes arrêtés à 23 heures et à 7 heures le matin dans des aires de repos perdues au milieu de nulle part pour manger un truc.

La route entre Buenos Aires et Tucumán est d’un monotone au niveau des paysages, mis à part l’observation de l’activité du bord de la route. C’est fou comme ce pays est vide: des kilomètres avec rien ou pas grand chose, avant de passer par quelques petits centres urbains.

Nous sommes arrivés avec 2 heures de retard, je ne sais pourquoi, peut-être les nombreux travaux qu’il y avait sur la route. J’avais l’impression que rien n’avait été fait au cours des 30 dernières années et que du coup, toute la route devait être rénovée d’un coup.

Mis à part entre Buenos Aires et Rosario, où il y a une autouroute, et les 50 derniers kilomètres en arrivant à Salta, la route est normale, avec 2 voies et en quelques rares endroits 3 ou 4. Cela se comprend en partie vu le « peu » de trafic, mais en de nombreux endroits, elle a encore besoin d’être élargie, histoire d’être un peu plus sûre. D’où les travaux.

Plus de nouvelles de Salta vous seront livrées prochainement, ainsi qu’encore des nouvelles de tango, sur mes dernières sorties en milonga ainsi que, je l’espère, quelques notes tentant d’expliquer la philosophie du tango que j’aime.

A Salta, je ne sais pas encore ce que je trouverai. Il y a un peu de tango, mais pas tant que ça. Je suis sûr que ce sera sympa.

J’ai aussi envie de sortir à des « Peñas », des soirées où se danse le folklore argentin: chacarera, zamba… J’adore, c’est beau, j’ai pratiqué déjà un peu de chacarera pour m’amuser, on verra si je persévère. L’inconvénient majeur: je n’aurai personne avec qui le danser quand je rentre en Suisse…

Changement de cadre

Après 21 heures de bus me voici arrivé à Salta. Du coup, après les impressions et les problématiques de Buenos Aires, voici à venir celles de l’Argentine en général et de Salta en particulier, tant la mégalopole porteña est un monde à part…

Les trains en Argentine

C’est une expérience particulière que de prendre quelque chose qui va sur des rails ici à Buenos Aires.

Premièrement, la ligne A du métro (le Subte) est à ne pas manquer. Les wagons sont encore d’époque, avec bancs en bois, et certaines gares ont été maintenues dans leur état d’antan, notamment celle de la station Perú. On peut par exemple prendre le métro jusqu’à Congreso et revenir à pied par l’Avenida de Mayo.

Ensuite, les trains de banlieue. C’est surprenant, mais ils roulent. La plupart des trains(sauf la ligne qui va à Tigre, qui est utilisée en partie par les touristes) sont vieux, vieux et vieux. Ils permettent de rejoindre des quartiers de la capitale qui ne sont pas reliés par le métro, et de se rendre compte de la taille de cette mégalopole. La transition entre capitale et province est également intéressante, à observer quand la voie traverse l’autoroute périphérique.

Bien sûr, le train passe près de beaucoup de villas miseria (bidonvilles) qui rappellent d’autres réalités de l’Argentine, que le visiteur n’a que peu l’occasion de voir s’il reste sur les sentiers battus. Il y a notamment celui qui est coincé entre la gare de Retiro, la gare routière et l’autoroute qui mène à Aeroparque. Vraiment, il y a plusieurs Argentines.

Enfin, dans le futur, il y aura peut-être un Train à Grande Vitesse en Argentine! Ce serait un progrès génial pour un pays qui a progressivement abandonné tous ses chemins de fer, minés par les déficits. Toutefois, ce n’est pas encore gagné vu que les projets sont vite abandonnés quand changent les gouvernements. Le fameux manque de confiance et de stabilité qui inhibe tout projet majeur.

Ce train relierait Buenos Aires aux 2 autres villes les plus importantes du pays, Rosario en 90 minutes, et Córdoba en 4 heures, divisant par davantage que 2 les durées terrestres actuelles. Ce serait une alternative essentielle pour soulager l’axe routier le plus fréquenté du pays, qui est proche de la saturation, surtout à l’entrée dans Buenos Aires.

Un retour du train dans un pays qui ne se déplace que par les airs ou par la route, voilà qui serait à marquer d’une pierre blanche. Toutefois, à l’heure actuelle je souris en imaginant un train à grande vitesse arrivant dans la gare de Retiro. Elle aura besoin d’un sérieux lifting!

L’Amérique du Sud commence à Retiro

L’autre jour je suis allé à la gare routière de Buenos Aires, à Retiro. Elle ressemble un peu à un aéroport, en bien moins organisé. Il y a des guichets partout, des multitudes de compagnies faisant des multitudes de trajets distincts pour des prix très variés. 60’000 personnes y commencent leur voyage chaque jour.

Vu que c’est difficile de s’y retrouver sur internet, car il n’y a pas de portail global à ma connaissance (avis aux amateurs!), je suis passé par les 100 et quelque guichets en personne pour me renseigner sur les conditions. Bon, j’exagère: il y a peut-être 10 compagnies qui desservent Salta. Il reste juste à les trouver, mais c’est raisonnablement bien réparti par secteur géographique.

Pour arriver à la Gare Routière, il faut traverser les 3 gares ferroviaires qu’il y a à Retiro, vu que le terminus du métro est à la première. Le syndrome de l’aéroport. On se plaint souvent de la Place de la Gare à Lausanne, mais celles de Buenos Aires sont parmi les endroits les plus mal famés du centre. Dangereux, je ne sais pas, mais glauques, en tout cas. Que ce soit à Constitución, Once ou Retiro, quand on passe par là-bas la nuit en colectivo, on a pas vraiment envie d’en descendre.

Les autorités ne semblent pas très motivées à en faire des lieux agréables, et c’est dommage. C’est un peu normal, il n’y a que les pendulaires qui les utilisent, pourrait-on dire. Des clients captifs, alors que pour les touristes, il faut plutôt prendre soin des aéroports. Dommage, car du coup beaucoup de gens ne prennent pas le train de nuit.

Moi, j’aime bien aller à Retiro, car j’ai l’impression de quitter Buenos Aires et de rentrer un peu plus dans l’Argentine à proprement parler, voire même, en Amérique du Sud: les trottoirs sont encore plus défoncés, il y a davantage de marchands ambulants, tout a l’air un peu plus crasseux…