Je me suis habitué maintenant à voyager en bus en Argentine. Le service cama est vraiment agréable, et finalement, avec une nuit, un repas et 3 ou 4 films au programme, le voyage passe assez vite.
L’une des entreprises les moins chères s’appelle Chevallier. Le service est acceptable, mais il ne faut pas attendre de miracles. Attention, on ne peut changer la date ou la destination du billet une seule fois, et on ne peut récupérer 80% ou 90% de la valeur du billet si on l’annule assez à l’avance… Seulement si l’on ne paie pas par carte de crédit.
Evidemment, personne ne vous le dit au moment du choix. C’est écrit en très petit au dos du billet, mais ça fait une belle jambe à l’acheteur, qui le reçoit après avoir payé, et qui ne lit rarement ce qu’il y a d’écrit “en très petit au dos du billet”. Du coup, après avoir payé par carte de crédit ET changé la date une fois, j’ai eu toutes les peines du monde à la rechanger, réussissant seulement grâce à un employé très aimable de l’entreprise Chevallier à Bariloche (qui a compensé pour ses collègues extrêmement désagréables).
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La Nueva Chevallier
novembre 14, 2007 · No Comments
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Flashback: ski à Bariloche
novembre 14, 2007 · No Comments
Je suis allé à Bariloche directement depuis l’Uruguay, débarquant à Buenos Aires seulement pour aller au terminal de bus avancer mon billet de 24 heures…
Après tant de mois loin de la Suisse, j’ai beaucoup aimé Bariloche. Le Lac Nahuel Huapi est magnifique, il me rappelle un peu le Léman. Il y a toutefois moins d’amplitude, vu qu’il est à 800 mètres d’altitude, et les sommets avoisinants ne dépassent les 2000 mètres que de peu.
Bariloche est une ville qui a beaucoup grandi ces dernières décennies. Sa population doit maintenant avoisiner celle de l’agglomération lausannoise. Elle est également construite sur une pente, une vraie pente parfois trop raide pour que les rues soient carrossables… Certaines routes se transforment en escalier, et donc depuis un peu partout, on a une très belle vue sur le lac.
J’y ai mangé la pire fondue de ma vie, et en plus j’y avais amené des amis… C’était au Chalet Suisse, alors que j’aurais dû aller paraît-il à la Casita Suiza. Pas de chance. J’ai cru m’étrangler avec le fromage.
Par contre, le ski était grandiose. J’y ai passé 6 jours au lieu de 3, car il est tombé 60 centimètres de neige. Je n’avais pas skier aussi intensivement depuis bien longtemps! Bref, de meilleures conditions que l’hiver dernier en Europe. Evidemment, les installations ont mis une demi-journée à ouvrir, histoire de sécuriser des zones à avalanche, et surtout creuser des tranchées dans la neige pour les zones de départ des télésièges.
Détail particulier, les rares arbalètes sont strictement interdites aux snowboarders même les plus expérimentés. C’est un autre exemple de la rigidité excessive qui vient parfois contrebalancer le non-respect des règles, après les escaliers roulants dans le métro de Buenos Aires, où il est rappelé partout qu’il est trrrrrès dangereux de monter ou descendre les marches: restez immobiles et vous sauverez votre vie… Et ralentirez le trafic de la marée humaine sortant des catacombes. Je m’égare, là…
Pour en revenir au domaine skiable, il est honnête, offre pas mal de possibilités, et de variantes hors des pistes semi-marquées. Le prix de la journée revient à 100 pesos pour l’abonnement, et environ 100 pesos supplémentaires pour louer l’équipement et payer le transfert en minibus depuis Bariloche, environ 15 kilomètres. C’est un peu moins cher qu’en Europe, mais comparé au pouvoir d’achat argentin, c’est une activité seulement réservée à une élite.
Comme pour beaucoup de choses ici, dès que l’on sort des besoins de base, les coûts reliés au pouvoir d’achat rappellent que la société argentine est à 2 vitesses,. malheureusement.
prix 100-200 pesos cher…
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Et on passe le budget en force…
septembre 21, 2007 · No Comments
Cette semaine, le Ministre de l’Economie a présenté le budget 2008. Mais n’a pas permis que les chambres le débattent. C’est du joli.
Et c’est ainsi que personne ne peut débattre par exemple que le budget pour l’éducation de la Province de Santa Cruz soit de 4000 pesos par élève, et que celui de la Province du Chaco soit de 400 pesos.
Il y a des disparités entre les régions, c’est indéniable. Santa Cruz, c’est le sud de la Patagonie, il y a du pétrole, du gaz, le coût de la vie est plus élevé qu’à Buenos Aires, et encore plus que dans le Chaco, tout au nord. Mais 10 fois plus?
Ah oui, Santa Cruz est la province des Kirchner.
Categories: Argentine
Les mauvais chiffres de l’INDEC
septembre 21, 2007 · No Comments
Cette semaine, le Directeur de la Banque Centrale a osé affirmer à Londres que “l’inflation était une préoccupation.”
Ce à quoi Nestor Kirchner a répliqué que non, c’était normal au sein d’une économie tellement dynamique comme celle du pays où je suis… Profitant au passage pour lancer quelques piques en relation avec l’orientation sexuelle de ce jeune homme dans la quarantaine, qui n’est pas marié… Ambiance, ambiance.
Depuis un moment, l’INDEC (l’institut de la statistique) est remis en question car officiellement, il n’y a pas d’inflation. J’ai une photo d’une manifestation devant l’immeuble en question, disant “non aux indices retouchés.” (C’est une des raisons qui fait que je n’ai pas publié ce billet jusqu’à présent. Tant pis, j’espère qu’un jour j’ajouterai la photo!)
Pourtant, dans la vie de tous les jours, tous les prix augmentent: l’empanada d’en face est passée de 1.70 à 2 pesos, l’excellente patisserie de la boulangerie à l’angle de Moreno et Entre Ríos est passée de 3 pesos à 3.50. L’entrée aux milongas a pris 2 pesos dans les dents et maintenant coûte en général 12 pesos, le vestiaire ne coûte plus 1 peso mais 1.50 et hier, dans un stand près de Barrancas de Belgrano, j’ai eu droit à la dernière bouteille pet de Ser Lima Limon à 2 pesos. On m’en a demandé 2.50, et quand j’ai montré le panneau d’affichage, l’employé s’est excusé et ils se sont empressés de recouvrir les prix des boissons. L’endroit était un peu glauque alors j’ai préféré pas sortir mon appareil photo…
Donc, tout augmente, sauf les salaires (c’est pas nouveau), mais tout va très bien, Madame la Marquise…
Bref, voilà comment on arrive à un niveau de crédibilité zéro (plus bas, c’est possible) pour les politiciens, de la part de la majorité de la population.
Categories: Argentine
Mon thermos birman
août 23, 2007 · 2 Comments
Aujourd’hui, j’apprends en lisant dans Le Temps que 150 opposants birmans ont manifesté dans la capitale contre la cherté de la vie. L’essence a augmenté de 100% ou plus, et le transport compte pour plus de la moitié des budgets des habitants.
La Birmanie, ou selon son nom officiel, le Myanmar, vous connaissez? Oui, c’est là où l’un des pires régimes militaires que l’on puisse trouver sévit. Mais que la junte ne s’inquiète pas trop, aucune intervention extérieure n’est prévue.
Et surtout s’ils découvrent des gisements de pétrole, qu’ils gardent profil bas. Vu le sujet de l’article, ça n’a pas l’air d’être le cas et les généraux peuvent encore dormir sur leurs deux oreilles.
Et le thermos, qu’est-ce qu’il vient faire dans l’histoire? Quand j’étais à Salta, il a bien fallu que je me reconstitue mon équipement à maté:
- la yerba mate: facile, il y en a un rayon entier au supermarché… enfin, vu le choix, pas si facile que ça. Romance, Nobleza Gaucha sont des marques que j’ai utilisé.
- un petit récipient style tupperware pour éviter de se balader toujours avec le paquet de 500 grammes ou un kilo de maté sur soi.
- le mate et la bombilla: facile aussi, on trouve le récipient et la “paille” sur n’importe quel marché, qu’il soit plus ou moins touristique. On peut même les acheter au supermarché, mais vive l’artisanat local.
- le sac à maté: il y en a en cuir, mais j’en ai trouvé un en tissu qui fait très bien l’affaire. Génial pour aller boire le mate n’importe où à l’air libre.
- et donc le thermos.
Car oui, je m’égarais un peu, je l’avoue. Je voulais acheter un de ces brillants thermos en Inox, incassables, aérodynamiques… D’accord, il y en a pour qui ce dernier critère n’est pas essentiel à l’achat de l’objet. Donc, je vais au supermarché, et je trouve ce que je veux. Génial.
A un petit détail près, écrit en tout petit: “Made in Myanmar.” Zut. Du coup, je vais au marché, mais ils n’ont pas ce que je cherche. Un autre supermarché, et je retrouve le même thermos, mais plus cher. Saperlipopette.
Certains me diront que je n’avais qu’à pas acheter de thermos en inox tout court, mais je n’adhère pas à cette vision extrême. Pour moi, elle donne du moulin à ceux qui disent que vu qu’il n’est pas possible d’être cohérent à 100% il ne sert à rien de faire l’effort. Je préfère que chacun cherche une solution responsable, dans la mesure de ses moyens. Certains seront très cohérents, et d’autres le seront un petit peu, de temps en temps. Ce sera déjà ça de gagné.
Moi, je voulais ce thermos en inox. Du coup, en desespoir de cause, je suis retourné au premier supermarché et maintenant, je suis le pas-si-fier propriétaire d’un magnifique thermos birman.
Rêvons un peu: j’ai ainsi pu contribuer à la dynamisation de l’économie du Myanmar. Grâce à tous ces thermos vendus à l’Argentine, et à celui que j’ai acheté en particulier, tout le monde là-bas, surtout les dirigeants, sont de bien meilleure humeur et vont redistribuer richesses et démocratie à tous dans un futur proche.
Cool. J’essaie, mais chez moi ça ne prend pas. La prochaine fois, j’espère que j’aurai plus de choix pour ne pas acheter birman.
Categories: Achats responsables · Argentine
De La Paz à Salta en 36 heures
août 17, 2007 · No Comments
Avec quelques obligations à Salta, je me suis retrouvé avec l’objectif de me rendre le plus efficacement possible de La Paz à Salta. Résultat, c’est possible en 2 jours et une nuit de voyage non stop, pour un coût de 130 bolivianos et 30 pesos, soit 25 dollars environ.Première étape du périple, le bus de La Paz à Oruro. Il faut déjà une heure ou plus pour s’extirper de La Paz et son faubourg champignon El Alto.
Comme mentionné précédemment, cette ville croît à une vitesse incroyable, preuve de l’exode rural que vit la Bolivie. Même les chapelles des églises, toutes identiques, paraissent avoir été réparties géométriquement.
Ce qui aurait pu faire le bonheur des planificateurs urbains ne résulte qu’en un désastre citadin supplémentaire, avec des rues enterrées sous le trafic, les mêmes camionnettes de transports publics qu’à La Paz, et une gare routière qui n’est qu’une ruelle de plus, où s’entassent les autobus sortant de la capitale.
Le train depuis Oruro est surprenant. Incroyable mais vrai, mais durant les 15 heures de trajet, les employés nettoyaient le train chaque heure et demie, sans qu’il ne soit particulièrement sale. Curiosité : il y a 2 classes dans le train que j’ai pris, avec aucune différence entre les 2, sauf que je n’avais pas le droit de rejoindre la première où étaient les connaissances que j’avais faites lors du trajet en bus…
Le début du trajet est de carte postale, avec les voies traversant le Lac Poopo, le second de Bolivie après le Titicaca. Le train est aussi ponctuel que ses frères suisses, et je n’exagère pas. Impressionnant ! Et il n’est pas sujet aux coupures de routes que les autobus sont susceptibles de rencontrer !
A l’arrivée à Villazón, mieux vaut sauter dans un taxi jusqu’à la frontière argentine de la Quiaca, et en prendre un autre jusqu’au terminal de bus. Les distances ne sont pas grandes…. Mais permettent d’être au début de la file au poste frontière, avant les autres passagers du train ! Ce qui vaut son pesant d’or au moment d’attraper ou de rater son bus du côté argentin. Le billet coûtera 50% moins cher si acheté au terminal argentin plutôt qu’en Bolivie, et permettra de choisir le premier bus qui part de la Quiaca.
Naïvement, j’avais acheté un ticket en Bolivie pour un bus partant une demi heure plus tard depuis le côté argentin… No comment. Le bus de Balut était très sale, mieux vaut choisir la Veloz del Norte si les horaires le permettent.
Le voyage à travers la Quebrada de Humahuaca vaut son pesant d’or en matière de paysages, et m’a permis d’entraîner la patience tellement nécessaire au tango, suite aux coupures de route à chaque localité ou presque… Neuf heures pour rejoindre Salta, c’est un peu beaucoup, je suis sûr que d’autres voyageurs ont eu plus de chance…
Tout ça pour arriver à temps pour faire une présentation qui finalement n’a pas eu lieu. C’est ça aussi, l’Argentine.
Categories: Argentine · Bolivie · Vadrouille
L’éducation des polices
mai 29, 2007 · No Comments
J’ai lu une petite statistique dans un journal argentin hier. Au sein de la police de la Province de Buenos Aires, 3% des effectifs ont une licence universitaire. Et 38% n’ont pas de diplôme secondaire…
Categories: Argentine · General
Tourisme à Salta, jusqu’où?
mai 9, 2007 · No Comments
Ces 10 dernières années, Salta s’est beaucoup développée, et en bien. Surtout depuis la crise de 2001 et la dévaluation du peso, le nombre de visiteurs étrangers a explosé.
Par chance, jusqu’à présent cela ne s’est pas fait au détriment de l’accueil. Les Salteños restent spontanés et ouverts face aux étrangers, malgré leur nombre, malgré le fossé entre les pouvoirs d’achat respectifs.
Le problème à Salta, c’est qu’en dehors de la ville, le nombre d’excursions, quoique important, reste limité. Vous excuserez mon oxymoron…
Au contraire de la Suisse, ou le nombre d’alternatives, de sentiers, de villages de montagne est quasi infini, et sur un territoire réduit, ici les distances sont énormes, et les attractions à ne pas manquer sont les suivantes:
- Circuit des Vallées Calchaquies (Quebradas de las Conchas et de las Flechas) en passant par Cafayate et Cachí (avec détour via les ruines de Quilmes voire Tafi del Valle)
- Circuit passant par San Antonio de los Cobres (Quebrada del Toro) et les Salinas Grandes
- La Quebrada de Humahuaca, en passant par Purmamarca (Montagne aux 7 Couleurs) et Tilcara (Palette du Peintre)
La Quebrada, en très résumé, c’est une gorge, ou une vallée selon les endroits.
Le nombre de touristes augmente, augmente, et plus il y a de touriste, plus il y a de prospérité, peuvent penser certains.
Le problème, c’est de savoir combien de visiteurs un petit village comme San Antonio de los Cobres ou Purmamarca peut avaler sans se dénaturer. Peut-être que c’est déjà fait, en partie.
J’ai probablement parlé dans mon récit de 2003 de ma (trop courte) visite à Iruya. Probablement, car ce village est un de ces lieux que l’on préfère garder secret, de peur que le monde entier s’y précipite, abîmant le tissu social.
Cette vallée est une enclave virtuelle de la Province de Salta, atteignable seulement par une route non goudronnée depuis Humahuaca, en 4 heures de bus si je me souviens bien. Le village d’Iruya est atteint au bout de la route, après avoir passé un col à 4000 mètres.
Ensuite, il n’y a que des sentiers pour parcourir la vallée, à pied ou à cheval. Une amie y a passé il y a peu. Elle n’a pas eu de chance, le village était sans dessus dessous, toute une équipe était là-bas pour filmer une pub pour… Guinness.
Bref, je la sens mal, j’espère que les hordes de touristes n’ont pas débarqué et ne débarqueront pas, que la route reste en aussi mauvais état que possible, et qu’aucun hébergement supplémentaire n’ouvre… Alors, si vous pouvez, allez-y, mais ssshhhht!
Un peu plus en amont, depuis La Quiaca, juste avant la frontière bolivienne, on peut accéder à un autre petit village dont personne ne parle, dont je ne sais rien, sauf le nom…
Sortir des sentiers battus, voilà qui n’est pas forcément facile ici, et jusque dans quelle mesure est-ce souhaitable?
Categories: Argentine · Environnement · General · Vadrouille
Les blogs en Argentine
avril 18, 2007 · No Comments
Suite aux influences familiales, j’essaie de diffuser un peu la notion de “blog” ici à Salta. On peut dire que j’innove, tant la notion est ici peu connue.
Je suis actuellement en train de faire une démonstration à deux amis, pour leur montrer à quel point c’est facile de tenir à jour un site internet aujourd’hui…
Categories: Argentine · Divers · Non-Geek
Changement de cadre
avril 13, 2007 · No Comments
Après 21 heures de bus me voici arrivé à Salta. Du coup, après les impressions et les problématiques de Buenos Aires, voici à venir celles de l’Argentine en général et de Salta en particulier, tant la mégalopole porteña est un monde à part…
