En Suisse, ces jours, je lis qu’on parle beaucoup d’une future législation anti-fumée nationale.
Ce serait une bonne chose, d’emboîter enfin le pas à des pays comme l’Irlande ou l’Italie, mais aussi récemment le Chili, ou la ville de Buenos Aires. Bref, la Suisse est à la traîne.
J’avais déjà parlé du thème peu après mon arrivée dans la capitale argentine. Ensuite, mes poumons avaient subi un sérieux retour en arrière à Salta, et j’avais pu me rendre compte qu’au Chili aussi, les loi anti-fumée passive étaient passées par là.
Je n’ai rien contre les fumeurs, s’ils restent une frange minoritaire du public. Si j’invite 10 personnes et 2 fument, chaque fumeur va avoir beaucoup de respect pour tous les autres qui ne fument pas, et va naturellement fumer beaucoup moins que si 7 fument autour de la table. Allumer une cigarette est une action contagieuse. S’ils forment une frange importante du public en place, le respect se dilue, et la fumée se propage. C’est ce qui se passe dans certains lieux publics comme les bars, où j’ai la nette impression que la proportion de fumeurs est plus grande que dans la vie de tous les jours. Je suis sûr que de nombreux non-fumeurs ne sortent en effet pas, car ils ne veulent pas être incommodés par la fumée.
J’ai eu l’occasion de discuter avec de nombreux fumeurs ici. L’immense majorité est en faveur de la loi. On m’a dit que les fumeurs non plus, n’aimaient pas être dans une atmosphère enfumée, et pour beaucoup d’entre eux, c’était l’occasion d’arrêter, ou alors de fumer beaucoup moins. Certains fumaient un paquet les soirs de sortie, et maintenant se limitent à cinq cigarettes fumées à l’extérieur, et en sont contents. La cigarette “réflexe” est remplacée par la cigarette “volontaire” et est appréciée en tant que telle.
J’ai l’impression qu’il n’y a qu’une minorité de fumeurs qui ne souhaite aucune restriction, tout du moins dans les pays où une legislation est déjà en place. Maintenant, à savoir si la position de la majorité d’entre eux a évolué suite au fait accompli… Finalement, est-ce que cela a de l’importance?
Ensuite, il y a une minorité de non-fumeurs souhaitant protéger le sacro-saint droit à la liberté individuelle. J’ai de la peine avec cet argumentation. Peut-être ont-ils oublié ce qu’est un bar sans fumée, par exemple? Qu’ils viennent faire un tour en Italie ou en Irlande, ou pour les amateurs de destinations australes, au Chili ou ici.
Et surtout, qu’ils n’oublient pas que, comme je le mentionne ci-dessus, une frange importante des fumeurs est contente de pouvoir baisser la “goudronisation” de ses poumons grâce à une telle loi. Et qu’une vaste majorité des non-fumeurs souhaite pouvoir sortir dans des lieux publics libres de fumée.
Donc, si comme je le suppose seulement une minorité des non-fumeurs et une minorité des fumeurs sont contre la mise en place d’une telle législation, qu’on réponde aux souhaits de la majorité, qu’on arrête les tergiversations et qu’on bouge enfin au niveau national, tout en respectant bien sûr des exceptions limitées dans certains cas de figure comme c’est le cas dans la majorité des pays où des lois similaires sont en place.
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Pour une Loi anti-fumée en Suisse
octobre 7, 2007 · 3 Comments
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Taggé: loi anti-fumée fumée passive suisse
L’éducation des polices
mai 29, 2007 · No Comments
J’ai lu une petite statistique dans un journal argentin hier. Au sein de la police de la Province de Buenos Aires, 3% des effectifs ont une licence universitaire. Et 38% n’ont pas de diplôme secondaire…
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Tourisme à Salta, jusqu’où?
mai 9, 2007 · No Comments
Ces 10 dernières années, Salta s’est beaucoup développée, et en bien. Surtout depuis la crise de 2001 et la dévaluation du peso, le nombre de visiteurs étrangers a explosé.
Par chance, jusqu’à présent cela ne s’est pas fait au détriment de l’accueil. Les Salteños restent spontanés et ouverts face aux étrangers, malgré leur nombre, malgré le fossé entre les pouvoirs d’achat respectifs.
Le problème à Salta, c’est qu’en dehors de la ville, le nombre d’excursions, quoique important, reste limité. Vous excuserez mon oxymoron…
Au contraire de la Suisse, ou le nombre d’alternatives, de sentiers, de villages de montagne est quasi infini, et sur un territoire réduit, ici les distances sont énormes, et les attractions à ne pas manquer sont les suivantes:
- Circuit des Vallées Calchaquies (Quebradas de las Conchas et de las Flechas) en passant par Cafayate et Cachí (avec détour via les ruines de Quilmes voire Tafi del Valle)
- Circuit passant par San Antonio de los Cobres (Quebrada del Toro) et les Salinas Grandes
- La Quebrada de Humahuaca, en passant par Purmamarca (Montagne aux 7 Couleurs) et Tilcara (Palette du Peintre)
La Quebrada, en très résumé, c’est une gorge, ou une vallée selon les endroits.
Le nombre de touristes augmente, augmente, et plus il y a de touriste, plus il y a de prospérité, peuvent penser certains.
Le problème, c’est de savoir combien de visiteurs un petit village comme San Antonio de los Cobres ou Purmamarca peut avaler sans se dénaturer. Peut-être que c’est déjà fait, en partie.
J’ai probablement parlé dans mon récit de 2003 de ma (trop courte) visite à Iruya. Probablement, car ce village est un de ces lieux que l’on préfère garder secret, de peur que le monde entier s’y précipite, abîmant le tissu social.
Cette vallée est une enclave virtuelle de la Province de Salta, atteignable seulement par une route non goudronnée depuis Humahuaca, en 4 heures de bus si je me souviens bien. Le village d’Iruya est atteint au bout de la route, après avoir passé un col à 4000 mètres.
Ensuite, il n’y a que des sentiers pour parcourir la vallée, à pied ou à cheval. Une amie y a passé il y a peu. Elle n’a pas eu de chance, le village était sans dessus dessous, toute une équipe était là-bas pour filmer une pub pour… Guinness.
Bref, je la sens mal, j’espère que les hordes de touristes n’ont pas débarqué et ne débarqueront pas, que la route reste en aussi mauvais état que possible, et qu’aucun hébergement supplémentaire n’ouvre… Alors, si vous pouvez, allez-y, mais ssshhhht!
Un peu plus en amont, depuis La Quiaca, juste avant la frontière bolivienne, on peut accéder à un autre petit village dont personne ne parle, dont je ne sais rien, sauf le nom…
Sortir des sentiers battus, voilà qui n’est pas forcément facile ici, et jusque dans quelle mesure est-ce souhaitable?
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Changement de cadre
avril 13, 2007 · No Comments
Après 21 heures de bus me voici arrivé à Salta. Du coup, après les impressions et les problématiques de Buenos Aires, voici à venir celles de l’Argentine en général et de Salta en particulier, tant la mégalopole porteña est un monde à part…
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L’Amérique du Sud commence à Retiro
avril 8, 2007 · No Comments
L’autre jour je suis allé à la gare routière de Buenos Aires, à Retiro. Elle ressemble un peu à un aéroport, en bien moins organisé. Il y a des guichets partout, des multitudes de compagnies faisant des multitudes de trajets distincts pour des prix très variés. 60′000 personnes y commencent leur voyage chaque jour.
Vu que c’est difficile de s’y retrouver sur internet, car il n’y a pas de portail global à ma connaissance (avis aux amateurs!), je suis passé par les 100 et quelque guichets en personne pour me renseigner sur les conditions. Bon, j’exagère: il y a peut-être 10 compagnies qui desservent Salta. Il reste juste à les trouver, mais c’est raisonnablement bien réparti par secteur géographique.
Pour arriver à la Gare Routière, il faut traverser les 3 gares ferroviaires qu’il y a à Retiro, vu que le terminus du métro est à la première. Le syndrome de l’aéroport. On se plaint souvent de la Place de la Gare à Lausanne, mais celles de Buenos Aires sont parmi les endroits les plus mal famés du centre. Dangereux, je ne sais pas, mais glauques, en tout cas. Que ce soit à Constitución, Once ou Retiro, quand on passe par là-bas la nuit en colectivo, on a pas vraiment envie d’en descendre.
Les autorités ne semblent pas très motivées à en faire des lieux agréables, et c’est dommage. C’est un peu normal, il n’y a que les pendulaires qui les utilisent, pourrait-on dire. Des clients captifs, alors que pour les touristes, il faut plutôt prendre soin des aéroports. Dommage, car du coup beaucoup de gens ne prennent pas le train de nuit.
Moi, j’aime bien aller à Retiro, car j’ai l’impression de quitter Buenos Aires et de rentrer un peu plus dans l’Argentine à proprement parler, voire même, en Amérique du Sud: les trottoirs sont encore plus défoncés, il y a davantage de marchands ambulants, tout a l’air un peu plus crasseux…
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Bulletin Météo
avril 8, 2007 · No Comments
Cette nuit était la première nuit fraîche de l’automne, c’était la première nuit où mon drap ne suffisait pas, et le premier matin où les rayons de soleil font du bien par rapport à la fraîcheur de l’ombre. L’automne arrive…
Jeudi soir je pars pour Salta! 20 heures de bus, avec couchettes. Je ferai un petit compte rendu de l’aventure avec photos. C’est la première fois que je fais un si long trajet en Argentine par bus tout confort.
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Blog de la lausannoise - 24 heures
avril 4, 2007 · 1 Comment
Depuis l’autre hémisphère, j’aime bien me connecter sur le blog de la lausannoise, et rattraper mon retard avec la vie locale.
Ce qui m’y plaît particulièrement, géographe que je suis, prêt à bivouaquer dans les atlas et autres ouvrages du genre, c’est la présence de la carte mondiale présentant d’où proviennent les connections internet. C’est proposé par Clustrmaps, mais malheureusement il semblerait que ce ne soit pas compatible avec la plateforme WordPress que j’utilise.
Dommage, vraiment dommage…
Intégration et nationalisme
avril 4, 2007 · No Comments
Les différentes communautés d’immigrants, les Chinois mis à part peut-être, se sont fort bien intégrées et mélangées. Il est très spécial que certains aient des surnoms qui à nous, nous paraîtraient péjoratifs, et ici non: quelqu’un avec des origines moyen-orientales pourra se voir baptisé “El Turco”, quelqu’un d’Europe de l’Est “El Ruso”, alors que quelqu’un avec des traits indigènes un peu plus marqués serait “El Indio” ou “El Negro.” Bien sûr, les surnoms peuvent aussi avoir d’autres origines, comme “El Flaco” (le maigrichon) ou “El Gordo” (le gros).
Toujours est-il que cette tolérance intérieure face aux origines diverses des aïeux, on ne la retrouve pas face à l’extérieur, face aux Uruguayens, Paraguayens, Boliviens ou Chiliens.
Beaucoup d’Argentins sont partis en Espagne (et ailleurs en Europe) et se plaignent d’un accueil moyen. Mais finalement, face à celui qui vient de l’extérieur, surtout pour des raisons économiques, c’est la même chose partout.
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Les jours fériés
avril 4, 2007 · 1 Comment
En Suisse, pays laïque, nous avons un certain nombre de jours fériés fondés sur la religion chrétienne:
- Vendredi Saint et Lundi de Pâques
- Jeudi de l’Ascension
- Lundi de Pentecôte
- Noël bien sûr.
Ensuite, nous avons les autres:
- Nouvel-An
- Fête Nationale du 1er Août
Enfin, il y a des jours fériés cantonaux, qui selon les cas sont d’origine politique ou religieuse.
Ici en Argentine, pays pourtant d’obédience catholique, il n’y a pas de fériés pour l’Ascension et la Pentecôte, mais l’Immaculée Conception est fêtée le 8 décembre.
Par contre, il y a une ribambelle de jours fériés que l’on pourrait appeler politiques:
- 24 mars, jour de commémoration du Coup d’Etat militaire
- 2 avril, jour de commémoration de la Guerre des Malouines
- 1er mai, fête du Travail
- 25 mai, jour du 1er Gouvernement
- 18 juin, jour du Drapeau
- 9 juillet, jour de l’Indépendence
- 20 août, jour du Libérateur, le Général San Martín
- 15 octobre, jour de la Race (débarquement de Colomb en 1492)
En plus, certains jours sont prévus pour les religions juives et musulmanes, et d’autres pour certains types de travailleurs (fonctionnaires, etc.), alors que des provinces ont des jours fériés particuliers…
C’est un exemple du fort nationalisme que l’on retrouve ici.
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Un asado dans la Province
avril 4, 2007 · No Comments
Un de plus… Mais toujours un régal.
Lundi passé, à l’occasion du jour férié de commémoration de la perte des Iles Malouines, j’étais invité dans la Province de Buenos Aires pour manger un asado avec des amis.
Quand on parle de la Province, c’est le même principe que pour Paris: traverser l’autoroute périphérique, la General Paz.
Là-bas, la vie peut être tellement différente, pour le pire ou pour le meilleur. D’un côté les bidonvilles, appelées ici villas miseria, et de l’autre, parfois juste à côté, des barrios privados, fermés par des barrières et des gardes de sécurité.
Les bidonvilles, je ne connais pas, et on m’a plutôt déconseillé d’aller… Les maisons avec piscine, par contre, j’en ai vu quelques unes, et une fois passé l’impression particulière de changer de monde en quelques mètres, que c’est reposant et tranquilisant: pas de bruit, du gazon, de l’espace…
Certaines personnes ici ne mettent jamais les pieds dans la capitale, travaillent pas loin, bref ont une vie tranquille comme il est difficile de l’imaginer après 3 semaines de présence quasi ininterrompue dans le centre-ville.
Donc, nous sommes allés acheter la viande, qui, calculs faits, coûte 16 fois moins cher qu’en Suisse. 4 kg sont revenus à 55 pesos, un peu plus que 20 francs suisses. Belle pièce, et ce n’était pas la seule, car on était - évidemment - une vingtaine. Compter 500 grammes par personne pour un homme, un peu moins pour une femme, et on arrive à environ 7 kg…
Et évidemment rien de comparable avec ce qu’on mange généralement en Europe…
J’y ai appris un peu plus sur la vie des médecins… Après les premières années, on leur accorde un jour de libre par semaine, pour qu’ils puissent pratiquer dans le privé, et arrondir leurs fins de mois. Après, avec l’expérience, certains continuent à travailler à l’hôpital universitaire le matin, pour la renommée et les connaissances, et l’après-midi, consultent en privé gagner un salaire plus confortable. Le sacerdoce, c’est donc surtout pour le début, comme ailleurs dans le monde je suppose.
Le côté négatif, c’est que c’est eux qui me ramenaient à la capitale le lendemain matin, en allant au travail. Donc après m’être couché à 5h30 la nuit d’avant, j’ai dû me réveiller à 5h30 ce matin-là…
