Cette semaine, le Directeur de la Banque Centrale a osé affirmer à Londres que “l’inflation était une préoccupation.”
Ce à quoi Nestor Kirchner a répliqué que non, c’était normal au sein d’une économie tellement dynamique comme celle du pays où je suis… Profitant au passage pour lancer quelques piques en relation avec l’orientation sexuelle de ce jeune homme dans la quarantaine, qui n’est pas marié… Ambiance, ambiance.
Depuis un moment, l’INDEC (l’institut de la statistique) est remis en question car officiellement, il n’y a pas d’inflation. J’ai une photo d’une manifestation devant l’immeuble en question, disant “non aux indices retouchés.” (C’est une des raisons qui fait que je n’ai pas publié ce billet jusqu’à présent. Tant pis, j’espère qu’un jour j’ajouterai la photo!)
Pourtant, dans la vie de tous les jours, tous les prix augmentent: l’empanada d’en face est passée de 1.70 à 2 pesos, l’excellente patisserie de la boulangerie à l’angle de Moreno et Entre Ríos est passée de 3 pesos à 3.50. L’entrée aux milongas a pris 2 pesos dans les dents et maintenant coûte en général 12 pesos, le vestiaire ne coûte plus 1 peso mais 1.50 et hier, dans un stand près de Barrancas de Belgrano, j’ai eu droit à la dernière bouteille pet de Ser Lima Limon à 2 pesos. On m’en a demandé 2.50, et quand j’ai montré le panneau d’affichage, l’employé s’est excusé et ils se sont empressés de recouvrir les prix des boissons. L’endroit était un peu glauque alors j’ai préféré pas sortir mon appareil photo…
Donc, tout augmente, sauf les salaires (c’est pas nouveau), mais tout va très bien, Madame la Marquise…
Bref, voilà comment on arrive à un niveau de crédibilité zéro (plus bas, c’est possible) pour les politiciens, de la part de la majorité de la population.

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