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Pas de tango à La Paz. Ni de football?

août 17, 2007 · Pas de commentaire

J’étais à La Paz il y a maintenant un moment. J’essaie de rattraper mon retard et publier mes brouillons…

La Paz est une ville que j’ai trouvé phénomènale à défaut d’être véritablement belle. Depuis le mirador de Killi Killi (rien à voir avec Grenoble 1968 je suppose), à quelques minutes du centre, on a une vue phénoménale et circulaire sur toute la ville de La Paz, construite dans un cirque montagneux, sur des pentes incroyables, entre 3000 et 4000 mètres d’altitude, sur quelques dizaines de kilomètres.

La désorganisation y est quasi totale, les transports publics sont dans leur majorité des Toyota Hiace transformés où l’on entasse 15 personnes, et qui fonctionnent à la criée. Au dessus de la ville, en contraste total, sur le début de l’altiplano menant au Lac Titicaca, l’ex-banlieue d’El Alto, maintenant une ville à part entière, qui avec 700′000 habitants fait presque la moitié de la taille de La Paz.

“Le Haut” s’étend et s’étend sur des kilomètres, interminable, avec des chapelles d’églises identiques réparties de manière régulière comme seule originalité face à des constructions pauvres de brique rouge. Pas de planification particulière, on n’a pas pensé à une gare routière alors les bus longue distance perdent une heure dans le trafic d’El Alto, et une rue pas plus large que les autres a été désignée par défaut.

El Alto, l’une des villes à la plus forte croissance au monde, est le symbole de l’exode rural bolivien et aymara provenant des hauts plateaux. Alors qu’on parle tellement de migration internationale de nos jours, c’est un rappel qu’également à l’intérieur de certains pays, il y a d’énormes mouvements de population. Et voyant la pauvreté certaine qui règne à La Paz, on se demande quelles sont les conditions de vie dans le monde rural qui poussent toute cette population sur la route d’une vie meilleure à La Paz.

J’avais l’idée d’y danser le tango à 4′000 mètres d’altitude, pour rigoler un peu, mais ce ne s’est pas fait. Notamment parce que je n’avais pas vérifié que notre hotel avait un couvre-feu à minuit. Oui, c’est possible, c’est un détail à vérifier à La Paz. Et quand ça tombe justement sur un vendredi soir, c’est bien dommage. Un autre soir, dans un restaurant italien de Sopocachi, il y avait justement une soirée tango, avec musique et une petite démo. Mais je dois avouer qu’ils ne me donnaient pas envie d’essayer…

Ici en Bolivie, le Suisse Sepp Blatter ne s’est pas fait des amis. En proposant de bannir le football en altitude, au dessus de 2′500 mètres, il s’est attiré les foudres de tout un peuple. Le Président Evo Morales est même aller faire quelques jonglages à la “station” de ski (plus pour longtemps, merci le réchauffement climatique) de Chacaltaya, à 5′300 mètres d’altitude.

Tout cela sous le prétexte d’un certain danger pour la santé. Va-t-on par exemple également interdire les matches joués à midi sous un soleil de plomb excédant 45 degrés pour satisfaire le décalage horaire et garantir les retransmissions télévisées de soirée en Europe par exemple? Et va-t-on interdire sérieusement le dopage (rire jaune)?

Evo Morales a donc battu le rappel des troupes, et rallié à sa cause les présidents péruvien, équatorien et colombien. Eh oui, Quito est à 2′800 mètres d’altitude et Bogotá à 2′600 mètres. Qu’à cela ne tienne, Sepp Blatter s’est ravisé et à porté la limite à 3′000 mètres, laissant les Boliviens bien seuls aux dernìères nouvelles.

Du coup, au revoir la Copa Libertadores (la Ligue des Champions Sud-Américaine) et les matches internationaux à La Paz? Et tant pis pour le Real Potosí, champion de Bolivie pour la première fois depuis bien longtemps, quel exploit (Potosí est à 4′000 mètres d’altitude).

En bon Suisse, Sepp aurait pu venir avec une solution de compromis. Il est évident que le Brésil est désavantagé quand il vient jouer à La Paz. Mais on ne choisit pas son pays. Et le pays recevant souvent choisit les conditions qui lui seront les plus favorables pour gagner. Je n’ai pas eu connaissance d’un accident de santé dû à l’altitude, la mort frappant plutôt aléatoirement sur les terrains de football, généralement au rythme des faiblesses cardiaques non détectées.

Par exemple, il aurait pu proposer que les matches se jouent alternativement en altitude et à l’occasion suivante en plaine en dessous de 2′500 mètres. Donc une fois à La Paz, et la fois suivante à Santa Cruz, l’autre métropole du pays. Où soit dit en passant, c’est quasi la jungle et il doit faire bien bien chaud et humide en certaines saisons…

Catégories : Bolivie · Divers · Vadrouille

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