Il est assez incroyable qu’une ville de quelque 12 millions d’habitants comme Buenos Aires, dont l’aéroport international dessert un pays de 40 millions d’habitants, n’ait pas système de transport public convenable reliant ses aéroports au centre-ville.
L’aéroport international d’Ezeiza est environ à 30 kilomètres du centre. Il n’y a pas de train, pas de métro rapide, pas de…. Seulement un système de bus pas forcément efficace, dépendant des conditions de trafic. Et des taxis.
Une dépose en ville avec le bus (Tienda Leon) revient à 30 pesos. Toutefois, il faut d’abord débarquer au quartier général situé à l’Avenida Santa Fe, et attendre, attendre qu’on vous appelle lorsqu’un minibus desservant votre quartier de destination se mette en route.
Avec un peu de malchance, votre arrêt sera le dernier et vous aurez passé quasiment la journée entre la descente de l’avion et la douche tant désirée : 45 minutes pour faire tamponner son passeport, attendre encore l’arrivée des bagages, faire de nouveau la file pour passer les bagages sortant de l’aéroport aux rayons X (une spécialité locale, il me semble), faire la file pour retirer de l’argent local… Et bien sûr éviter de faire du change à l’aéroport !
Il est bien plus intéressant de voyager à plusieurs, ou de trouver dans l’avion quelqu’un se rendant dans la même zone que vous, et de partager un « Remis » (un taxi organisé). On paie au guichet 75 pesos (prix des péages inclus), on reçoit le coupon et on attend moins de 20 minutes que la voiture arrive pour vous amener directement et sans mauvaise surprise au lieu de destination. S’ils sont multiples, autant les préciser au guichet pour éviter une mauvaise surprise avant.
L’aéroport pour la majorité des vols nationaux s’appelle Aeroparque, situé proche de Palermo, à environ 5 kilomètres du centre-ville. Et là non plus, pas de métro, pas de train : uniquement les bus. Toutefois, vu que l’aéroport est proche du centre, autant prendre un taxi traditionnel, qui ne devrait pas coûter plus que 15 pesos.
Comme pour l’arrivée à Ezeiza, demandez un siège du côté droit de l’appareil, si vous aimez atterrir et décoller le nez collé au hublot. Vous aurez ainsi généralement la vue sur la ville et non sur le Río de la Plata.
Des fois, l’attente peut être longue pour un taxi, surtout aux heures de pointe. Dès lors, ce que je faisais, c’était traverser la zone d’attente des taxis pour en arrêter un sur l’avenue principale 10 mètres derrière. Il y a aussi les colectivos locaux pour ceux qui aiment l’aventure… Et qui n’ont pas trop de bagages. Et qui ont de la monnaie !
Pour information, un vol national aller-retour coûte entre 800 et 900 pesos. Cette fois, je ne prévois pas de les utiliser, je vais utiliser le réseau de bus grand luxe, classe « ejecutivo », qui devrait m’amener en 17 ou 20 heures à Salta pour 150 pesos la course. Je vous en reparlerai sûrement.
Je me suis perdu dans quelques détails pratiques qui je l’espère seront utiles à certains, mais je me suis éloigné du message original de mon billet.
Je parlais du manque de transports publics efficaces qui depuis Ezeiza amèneraient le visiteur d’une manière moderne et écologique au centre de Buenos Aires en 20 ou 30 minutes. Pourquoi est-ce que ce qui a existe à Sao Paulo ou ailleurs n’a pas été implanté ici ?
D’accord, la crise est passée par là, mais ce n’est pas une excuse. J’ai l’impression qu’un argument caché consiste à se dire qu’une telle innovation mettrait un certain nombre de chauffeurs de taxi et autres entreprises de bus hors service… Tout comme un bon tri des déchets à la source ou une logistique de collecte efficace priverait les cartoneros de leur gagne-pain. C’est peut-être vrai, en partie, mais est-ce que cela doit être un argument déterminant ?
Ça me fait un peu penser au chef qui n’ose pas engager quelqu’un de compétent par peur qu’il lui pique sa place. M’étant retrouvé une fois dans cette situation, je sais de quoi je parle, mais des fois, il faut prendre des risques… Afin de pouvoir encore se regarder en face après. Je ne l’ai pas regretté.
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