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Barcelone et le visage de mon voleur

janvier 20, 2007 · Pas de commentaire

Incroyable, le monde qu’il y avait en visite à Barcelone pour la nouvelle année. Las Ramblas et autres Avingudas del Portal de l’Angel étaient noires de monde. Je les comprends: 15 degrés au soleil, grand soleil, et vie nocturne animée: tout ce qu’il faut quand on souhaite échapper aux frimas de l’hiver. Euh, quel hiver?

Mais non, je ne me suis pas fait “pickpocketer”.

Lors du tout début de mon séjour à Barcelone, juste avant la nouvelle année, j’étais assis sur un banc sur le quai en face de la Marina, au calme loin de l’agitation des rues touristique. Au soleil, j’envoyais un SMS, et perdu dans mes pensées, une touriste française (merci à elle!) me dit: “Monsieur, on vient de vous tirer votre sac!” Je regarde en arrière, et à 30 mètres, 2 gars étaient en train de s’éloigner tranquillement, l’un portant mon sac à dos à la main.

Ils ne le sauront jamais, mais à part mes chaussures de tango bien usées, c’était un maigre butin, d’où peut-être cette faute de surveillance de ma part. Quoique, sans elles… J’ai eu un flash me disant que non, je n’allais pas me faire avoir… J’avais un certain nombre de milongas qui m’attendaient! J’ai couru vers eux le plus légèrement possible, par derrière, et je leur ai arraché mon sac. J’ai volé mon sac aux voleurs!

J’aurais voulu leur faire la morale, mais les seuls mots qui me sont sortis étaient une injure liée à certaines pratiques intimes alternatives… En italien. Ne me demandez pas pourquoi.

Je me suis vite rendu compte qu’il n’était pas très réaliste que je leur demande d’attendre là que j’appelle la police, ou alors s’ils étaient d’accord de sourire pour que je les immortalise avec ma caméra digitale (qui n’était pas dans le sac).

Au début ça faisait bizarre. Je peux croire que c’est une expérience rare de voire le visage de celui qui vous a volé. Même s’il peut arriver de se faire agresser de face, la plupart des voleurs et autres cambrioleurs préfèrent agir discrètement, à l’astuce, et c’est seulement un peu plus tard que le volé se rend compte de ce qui lui est arrivé.

Mais après, j’étais trrrrès fâché. Car le voleur était un immigré latino, et il n’a tellement pas servi la cause de tous ceux qui se battent par les moyens légaux pour s’en sortir. Heureusement, j’ai eu quelques expériences avec les étrangers, et j’ai pu apprendre qu’il y a de bonnes et de mauvaises graines partout.

Je comprends que quelqu’un qui n’a pas forcément beaucoup de contact avec des étrangers, s’il lui arrive quelque chose comme ça, il va en retirer un fort sentiment d’insécurité, va généraliser et raconter cette expérience à tout son entourage, qui n’a pas de contact plus régulier que lui avec les immigrés. D’où le succès que rencontrent les thèses sécuritaires de la droite dure ou extrême aux élections.

Pendant un petit moment, j’ai eu “la haine”, et la tentation malgré moi de mettre tout le monde dans le même panier, l’effet du choc. Puis je me suis souvenu de tous les autres latinos que j’ai rencontrés, via la salsa, le tango ou les voyages. Et ce n’était que le 2ème avec lequel j’avais une vraie mauvaise expérience (jineteros et jineteras de Cuba exclus). Mais ça m’a demandé pas mal d’énergie.

Et ma colère s’est focalisée sur eux. J’aurais voulu qu’ils comprennent.

J’étais fâché et frustré pour la mauvaise réputation qu’ils faisaient à tous les autres qui conservent leurs valeurs et n’empruntent pas ces chemins, partageant avec eux seulement l’ethnicité.

J’étais fâché aussi pour le beurre qu’ils mettent dans les épinards des thèses de la droite populiste.

Et je déteste les épinards.

Catégories : Divers

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